12 SEPTEMBRE 2017 Très beau succès de la manifestation à Bastia

Malgré un vent très violent qui souffle sur la ville depuis hier soir près de 800 personnes ont défilé à Bastia à l’appel de la CGT. Le succès de la manifestation est bien la preuve que la loi travail et plus globalement les choix politiques de Macron sont injustes inefficaces et minoritaires dans l’opinion.

En Corse, alors que débute une nouvelle campagne électorale, la population attend autre chose que les éternelles « évolutions institutionnelles qui depuis 40 ans polluent le débat démocratique. Les Corses attendent des réponses sociales et économiques pour lutter contre la précarité et le mal vivre. Ce n’est pas un nouveau statut fiscal avec de nouveaux cadeaux aux plus riches qui nous permettra de trouver par exemple les 50 millions nécessaires pour l’hôpital de Bastia afin de soigner la population.
On lâche rien et on continue.

Intervention CGT manifestation du 12 septembre à Bastia.

Ensemble pour nos Droits et nos garanties collectives.

Aujourd’hui en Corse et à travers tout le pays, des centaines de milliers de personnes se mobilisent pour maintenir et améliorer les Garanties Collectives que le gouvernement Macron et le MEDEF veulent détruire. En effet les ordonnances qu’ils entendent transformer en LOI reviennent sur un siècle de mesures sociales arrachées de haute lutte. En effet le code du travail a été constitué depuis 1906 pour garantir le respect de la dignité des femmes et des hommes au travail, et empêcher l’employeur de faire ce qu’il veut. Il a été imaginé pour que les entreprises soient subordonnées aux humains et non l’inverse. Le Code du Travail est donc un droit humain qui s’apparente à la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789. Or depuis la loi El Khomry c’est tout ce socle de garanties universelles qui vole en éclat avec une subordination totale des salariés, sans contrepartie ni possibilité de faire valoir leurs droits. Ainsi le licenciement instantané, sans motif ni procédure et à moindre coût serait désormais possible et encouragé. Les représentants du personnels seraient moins nombreux et avec moins de Droits pour défendre les salariés. L’accès collectif à un avocat ou à un expert sera plus difficile et coûteux. Le maintien des salariés dans les contrats précaires serait facilité. CDD multipliés jusqu’à 5 ans, CDI de projet qui se résume à un sous CDD. Les primes conventionnelles comme le 13eme mois, les congés familiaux ou l’ancienneté seraient négociés entreprise par entreprise accentuant le dumping social et la baisse des salaires.

Les patrons prétendent que pouvoir licencier facilement leur permettrait d’embaucher davantage. Déjà le père du patron du MEDEF actuel Yvon GATTAZ prétendait la même chose il y a plus de 20 ans. Son fils Pierre affirmait l’année dernière pouvoir créer un million d’emplois avec le CICE . Les entreprises ont bien bénéficié de plusieurs dizaines de milliards d’euros d’aides publiques mais on attend toujours les emplois promis. Ce n’est pas en réduisant les droits sociaux que le chômage et la précarité baisseront au contraire.Dans tous les pays Européens ou de telles mesures sont imposées la pauvreté explose. Même en Allemagne, 1ere puissance économique Européenne ou les Droits collectifs ont été rognés il y a aujourd’hui 12 millions de travailleurs pauvres et des millions de retraités dans la misère. Macron voulait simplifier le code du travail; la CGT aussi mais en y renforçant les droits des salariés. Or la Loi travail va rajouter des centaines de pages supplémentaires et le rendre encore plus complexe et moins protecteur.

Les causes du chômage on les connaît. Des salaires trop faibles et donc des carnets de commande des entreprises qui se vident. Des revenus financiers et des dividendes qui battent des records plaçant la France 1ere en Europe. Augmentation des bénéfices de 22% en 2017 pour les grandes entreprises.

Pour Macron les responsables du chômage ce n’est pas la dérive financière de l’économie, mais les chômeurs qu’il traite de fainéants, les fonctionnaires trop payés ou les retraités «aisés». Car pour lui un retraité qui perçoit une pension supérieure à 1200 euros par mois est un riche et qu’il peut le ponctionner encore avec l’augmentation de la CSG. Par contre en allégeant l’impôt sur la fortune et l’impôt sur les revenus du Capital de plus de 5 milliards il vient peut être au secours des malheureux??

De même Macron et son gouvernement affirment qu’il vaut mieux un petit boulot que rien du tout et dans le même temps supprime des milliers d’emplois aidés et jette au chômage ces travailleurs, obligeant certaines associations à fermer et plongeant les collectivités locales dans de grandes difficultés.

Oui nous sommes légitimes pour contester cette politique. Non Macron n’a pas été élu pour appliquer cette politique. Son élection s’est faite sur une abstention record et aussi sur une adhésion par défaut face au péril de l’extrême droite.

En Corse, nous rentrons encore en campagne électorale et une nouvelle fois ce sont les questions institutionnelles qui dominent le débat. Collectivité unique, autonomie, statut de résident, langue Corse obligatoire pour avoir un emploi et j’en passe. Ça fait 40 ans qu’on nous pollue sur ces questions sans vraiment répondre aux vrais problèmes des Corses. Le silence assourdissant de la majorité territoriale sur la loi travail comme son soutien à la loi El Khomry sont édifiants et consternants. Est ce que c’est l’autonomie qui nous permettra de récupérer les 50 millions manquants pour l’hôpital de Bastia? Qui permettra de construire les milliers de logements sociaux manquants augmenter les salaires ou faire baisser les prix?

Est ce un nouveau statut pour la Corse qui permettra aux milliers de salariés précaires dans les services à la personne ou saisonniers d’avoir une vie normale?

Il nous faut poursuivre les explications et faire grandir la mobilisation pour que les questions sociales et d’emploi soient enfin au cœur du débat politique .

Pour cela et pour faire reculer Macron il faut multiplier les débats avec les salariés, ne pas se résigner et engager des luttes partout ou c’est possible. Ce 12 septembre constitue une 1ere étape encourageante; maintenant il faut continuer et l’amplifier partout et sans attendre. Une nouvelle mobilisation est annoncée pour le 21 septembre juste avant l’adoption des ordonnances en conseil des ministres. Réunissons nous dans chaque entreprise et service pour décider d’y participer dans la forme la plus rassembleuse.

 

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