La CGT Santé de l’hôpital de Bastia : neuf salariés ont entamé une grève de la faim

50 millions de déficit cumulé, les finances de l’hôpital de Bastia sont exsangues. Le personnel, soutenu par la CGT, réclame le déblocage en urgence de 14 millions d’euros pour payer les fournisseurs et conserver les contractuels.

Ce mardi, ces neuf salariés ont décidé de commencer une grève de la faim. « C’est une action désespérée, qui peut paraître très démesurée et je préciserais dangereuse.

Ce n’est pas du cinéma ce que l’on est en train de faire. Mais c’est au regard de notre situation qui est totalement bloquée », indique Josette Risterucci, gréviste de la faim, secrétaire CGT Santé.

La semaine dernière, lors du conseil de surveillance de l’hôpital, les salariés ont appris que le déficit cumulé de l’établissement s’élevait à 50 millions d’euros. Dont 29 millions de dettes aux fournisseurs selon la CGT. Sans matériel, impossible de gérer les crises. « On a connu Furiani 3 000 blessés, on a fait face. Demain, 3 000 blessés on ne peut pas faire face », estime Viviane Albertelli, gréviste de la faim, déléguée CGT CH Bastia.

Il faut qu’on apporte nos propres traitements »

Du côté des patients aussi, on déplore le manque de matériel. « Lorsque je suis arrivée en chambre ce matin, il m’a fallu acheter ma propre bouteille d’eau. Sur le continent, les médicaments, le traitement habituel est pris en charge par l’hôpital. Ici il faut qu’on apporte nos propres traitements », illustre l’une d’eux.

Les grévistes de la faim exigent l’ouverture immédiate de négociations avec le ministère de la Santé. Et réclament le déblocage de 15 millions d’euros pour faire face aux besoins de trésorerie. Le directeur de l’hôpital, lui, a passé la journée à Paris. Il espère y obtenir le paiement des six millions d’euros promis par l’état pour l’année en cours.

La direction qui pointe également l’absentéisme comme l’une des causes du déficit, quand les syndicats, eux, demandent la titularisation des contractuels.

Interview de Josette Risterucci

Francis Riolacci apporte son soutien aux grévistes de l’hôpital de Bastia

Hôpital de Bastia : pour la CGT, la faim justifie les moyens

Article du Parisien

À situation désespérée, réaction désespérée. C’était le mot d’ordre, hier, dans le hall du centre hospitalier de Bastia.
Face à la « dégradation des conditions de travail » et la mauvaise santé financière de l’hôpital, la CGT avait déjà prévenu qu’elle remonterait au créneau. Elle n’a pas tardé à ruer de nouveau dans les brancards : trois de ses membres ont entamé une grève de la faim pour se faire entendre.

En ligne de mire : la situation financière « gravissime » de l’établissement, qui accuse un déficit de près de 50 millions d’euros et des dettes auprès des fournisseurs avoisinant les 29 millions. Dans ce contexte, le syndicat dénonce le « non-renouvellement de CDD qui a commencé alors même que nous négocions les prochains CDI et les titularisations pour 2018, appuie Josette Risterucci, représentante de la CGT. Il est plus que temps de trouver des solutions avant que n’arrive un plan massif de suppression de contractuels ».

À ce titre, la déléguée syndicale, par ailleurs candidate aux élections territoriales en deuxième position sur la liste des communistes, a engagé une grève de la faim avec deux autres agents, Viviane Albertelli et Hélène Serra. Une action qui fait suite à une précédente mobilisation du syndicat sur ce sujet épineux.

Lundi dernier, la CGT avait déjà entrepris une action coup de poing en s’invitant au conseil de surveillance du centre hospitalier pour tenter de faire valoir ses revendications. »Nous avons attendu des signes qui ne se sont jamais manifestés, dénonce l’organisation syndicale. Sans réponses concrètes à nos demandes et sans interlocuteur valable du ministère, nous avons opté pour ce mode d’action désespérée mais proportionnel à la situation financière dans laquelle se trouve notre hôpital. Nous avons pris cette décision pour ne pas pénaliser le fonctionnement de l’établissement et la prise en charge de nos patients. »

« J’attends une réponse du ministère »

À travers cette mobilisation, le syndicat « exige » une ouverture de négociations de la part du ministère de la Santé et un « déblocage immédiat d’une enveloppe de trésorerie de 15 millions d’euros » pour commencer à remettre l’établissement à flot.

L’autre demande de la CGT porte sur un plan de financement à 100 % des travaux de modernisation de l’hôpital, estimé à environ 40 millions d’euros, « que nous attendons depuis vingt ans ».

Des revendications adressées aux élus du conseil de surveillance de l’établissement et plus encore au ministère via l’agence régionale de santé. De son côté, la direction de l’hôpital de Bastia « déplore que les représentants syndicaux en arrivent à de telles extrémités en mettant leur santé en danger. Cette situation ajoute de l’urgence humaine à l’urgence financière », considère Philippe Forcioli, directeur du CH de Bastia, joint par téléphone depuis Paris où il s’est rendu hier afin de « défendre le dossier devant le cabinet de la ministre et la Direction générale de l’offre de soins. J’ai exposé les problématiques sur le plan financier, nos besoins d’aide en trésorerie et de soutien à l’investissement pour la modernisation de notre établissement. J’espère une réponse du ministère dans le courant de la semaine ».

Pas de quoi rassurer la CGT qui compte bien se faire entendre et avoir le dernier mot. En attendant, le syndicat l’affirme, il est « déterminé à ne rien lâcher ».

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